La fibromyalgie est le nouveau terme pour désigner un syndrome connu depuis longtemps sous le nom de SPID, c’est-à-dire syndrome polyalgique idiopathique diffus.
Le mot fibromyalgie vient du latin fibra (filament), du grec ancien myos (muscle) et du grec ancien algos (douleur).
Historique
Graham en fait une description dès 1953. L' American College of Rheumatology committee en définit les crières en 1990.
Dans les années 1970 et 1980, elle est considérée comme une maladie psychiatrique avec un versant dépressif
Ce n'est qu'en 1992 que l'Organisation mondiale de la santé a reconnu cette maladie comme rhumatismale, alors qu'elle
était auparavant considérée comme une maladie psychiatrique par les
médecins du fait de sa rareté, ne touchant que les femmes, pouvant
donner une certaine atteinte comportementale et n'ayant aucune trace
biologique, ce "syndrome" fut attribué à tord à l'hysterie des femmes.
Dans
les années 1990, une déficience dans certains neurotransmetteurs
(substance P) seraient impliqués dans la mécanique biochimique de la
maladie. De plus en plus d'hommes sont atteints (1 homme pour 8 femmes).
En 2006, Une étude démontre à L'IRM
fonctionnel une activité anormale dans la partie du cerveau qui traite
la douleurs chez les fibromyalgiques, inexistant chez les personnes non
atteintes. Une cause exclusivement psychiatrique et/ou psychologique
est donc exclue, entre autre du fait qu'actuellement l'on sait que seul
le tiers des fibromyalgiques souffrent d'un problème de cet ordre.
La fibromyalgie était codée M 70.0 comme rhumatisme non spécifié dans la classification internationale des maladies (CIM). Depuis la dernière version, elle est maintenant codée sous M 79.7 sous son propre nom.
Naissance d'une pathologie
.
Il
y a eu ces 10 dernières années (depuis 1995) une résurgence importante
(surtout depuis 2000) de ce syndrome, de plus en plus de jeunes (moins
de 30 ans), certain diront "c'est la cause d'un meilleur diagnostic"
sauf qu'il y a eu entre "150-200% de nouveaux" cas en moins de 7 ans,
loin d'une histoire d'anciens fibromyalgiques en attente de diagnostic.
Epidémiologie
Une
moyenne (mondiale) de 2 à 10% (selon les pays) de la population des
"pays industrialisés" sont touchés par cette maladie (2% de la
population américaine avec une prédominance féminine nette).
En France un rapport gouvernemental donne un prévalence française estimée à 3,4 % chez la femme et à 0,5% chez l'homme, Soit un total de 3.9% de la population Française.
La fibromyalgie constitue 10 à 20% des motifs de consultation dans certains services de rhumatologie.
On
commence à parler de multi-fibromyalgies, effectivement ce syndrome
atteint de plus en plus d'homme alors qu'il touchait essentiellement
des femmes auparavant.
Certains travaux de recherches biologiques font état de sous catégories.
Causes
La fibromyalgie n'a pas de cause "démontrée".
A
partir de 2000-2004, les scientifiques se penchent de plus en plus vers
des désordres de natures immunochimique et environnementaux, compte
tenu de la résurgence incroyable de cas. Une atteinte du système
nerveux central et un dérèglement neuronal ont étés largement constatée
chez les fibromyalgiques.
Il
semble exister une perception différente de la douleur chez le
fibromyalgique, avec en particulier, un seuil de perception plus bas.
Le mécanisme de ce fait est toujours débattu.
Visiblement
il semblerait cohabiter 2-3 types bien distinct de fibromyalgies
vraisemblablement une cause "naturelle" (la forme dite "rare" de ce
syndrome) et le cas résurgent actuel pouvant être divisé en 2, une
forme de fibromyalgie et une forme de fatigue chronique.
Diagnostic
Les
fibromyalgies se présentent sous diverses formes de douleurs chroniques
(Douleurs franches, douleurs diffuses, sensations de brûlures, de
coups, de bleus, d'écrasement, d'arrachage, etc.) des muscles du
squelette, des tendons et moins fréquemment des articulations, pouvant
toucher tout le corps ou partiellement (Quadrant), plus fréquemment le
dos, les jambes et les bras, variant tout au long de la journée, de la
semaine, du mois, de l'année. Un des cycles correspond clairement pour
certains patients aux changements climatiques (pression atmosphérique,
taux d'humidité, température), en un mot "barosensible".
On parle alors "d'hypersensibilité".
S'ajoute, une fatigue dite "chronique" réactionnelle (à ne pas confondre avec le syndrome de fatigue chronique, que peuvent avoir en plus
certain fibromyalgiques. Un enchaînement dans le sens "fatigue de
l'organisme" (attaques virales, infections répétitives, résistances),
puis syndrome de fatigue chronique, puis fibromyalgie est plus que probable pour certains.
Chaque
fibromyalgique à ses cycles, ses symptômes, d'intensités et de durées
variables. On retrouve quelques points communs comme une prédominance
de raideurs et une grosse fatigue au réveil pouvant s'atténuer à plus
ou moins long terme indépendamment de chaque symptôme (de quelques
minutes à quelques heures, voir persistant la journée, plusieurs
jours), une fatiguabilité exacerbée, des troubles du sommeil (pas de
sommeil profond, points d'appuis gênants/douloureux, agitations), puis
tout un ensemble d'autres symptômes satellites dont les plus courants
sont des migraines, des troubles de la concentration (variable), des
troubles de la mémoire (mémoire à court terme), des troubles de la
vision (brouillard, décalage), une certaine irritabilité, des sauts
d'humeur, des problèmes du comportement (attitude), d'élocution
(concentration, mémoire, fatigue), des troubles digestifs, le syndrome
des jambes sans repos, maladie de raynaud, acouphènes, picotements,
démangeaisons, impatience, etc.
Un
panache de symptômes ressemblant à s'y méprendre aux effets d'une
drogue, peut être la réponse à la complexité de ce syndrome.
Un tiers des fibromyalgiques présentent une dépression, voire un état névrotique type hystérique, pour
certains du type réactionnel (charge psychologique, atteinte
neurologique sévère). Cependant, statistiquement les fibromyalgiques ne
présentent pas un terrain dépressif et/ou psychiatrique prédisposant
supérieur au reste de la population.
Il existe diverses formes de sévérités à la fibromyalgie, pouvant éventuellement correspondre à diverses causes.
La
problématique est de trouver une échelle (un marqueur) de sévèrité
fiable, inexistant du fait qu'aucun marqueur n'a encore été mis à jour.
Certains travaux de recherches tendent à ce qu'il existe une corrélation entre substance P (un neurotransmetteur) et sévèrité.
Des critères diagnostiques précis ont été élaborés par le collège américain de rhumatologie:
• Douleurs diffuses et onze points douloureux sur 18 sites répertoriés.
• L'association de douleurs diffuses et de au moins 11 points douloureux porte le diagnostic.
S'ajoute:
• Les symptômes communs et les symptômes satellites clairement répertoriés.
Traitement
Les
traitements reposent au cas par cas sur des antidouleurs et/ou des
antidépresseurs et/ou des antiépileptiques, ces 2 derniers étant
prescrit pour leurs effets antalgiques sur le système nerveux central
(et non pas pour une dépression avec les antidepresseurs, mais bien
pour l'effet antalgique) et doit être associé à une réadaptation
fonctionnelle basée sur des exercices physique permettant d'augmenter
le seuil de la douleurs et ne pas "rouiller" encore plus.
Chacun
ayant son seuil de tolérance à l'effort et une atteinte plus ou moins
sévère incalculable il n'est pas simple de généraliser, pour certains,
la marche est juste supportable et variable, pour d'autres, une
activité on dira "pleine et normale" est réalisable.
Une prise en charge psychologique, incluant la relaxation, le repos et le calme, peuvent être utile.
Pour
le moment il n'existe pas de traitement curatif, aucun traitement n'est
efficace sur le long terme et aucun régime n'a prouvé son efficacité.
La contrebalance psychologique impérative aidant dans la gestion des symptômes passe impérativement par le calme et le repos.
En France
Officiellement en 2005 le gouvernement estime à 3,9~4,5% de la population Française atteinte de fibromyalgie, environ 3 millions de français, 1 personne sur 20.
Carole Robert, pour l'association Fibromyalgie France, estimait en avril 2007
que plus de 3 millions de Français seraient concernés (soit autant que
l'ensemble des personnes atteintes de maladies rares en France, selon
les chiffres transmis par le Ministère de la Santé et des Solidarités
en mai 2006.
Des pistes environnementales et génétiques sont à creuser, car selon
l'association, 64% des personnes myalgiques présentent une intolérance
à des produits chimiques.
En 2006, le ministre de la santé a commandé un rapport sur la fibromyalgie à un groupe de travail de l'Académie nationale de médecine, coordonné par Charles Joël Menkes (rhumatologue) et Pierre Godeau (interniste), rendu en janvier 2007. Ce rapport reconnait « la réalité de ce syndrome douloureux chronique et même sur sa fréquence», mais «tout en entretenant des doutes "sur la légitimité d'en faire une maladie, avec les conséquences médico-sociales qui peuvent en résulter"». Le rapport note aussi la difficulté de mesure des symptômes en raison du «caractère subjectif des troubles invoqués (douleur, fatigue, mal-être, troubles du sommeil) (...)» ou encore le caractère « artificiel et abusif des critères de classification quand on les utilise à tort comme critères de diagnostic».
Le Ministère aurait aussi prévu une enquête épidémiologique, mais l'Institut de Seille Sanitaire attendait toujours en avril 2007 une définition du ministère pour cette maladie, étude demandée en 2002. La reconnaissance de l'OMS devrait accélérer cette reconnaissance.
Pour
l'instant cette reconnaissance est laissé à "l'appréciation" du médecin
conseil décidant le temps d'une consultation sur le motif de
convocation "fibromyalgie" et se référent au "rapport de l'académie de
médecine" imcomplet.
Pour résumer
Cette
affection est caractérisée par un état douloureux musculaire chronique
(Myalgies diffuses), ainsi qu'une asthénie (Fatigue) persistante. Les
troubles psychologiques (Chronicité des symptômes, charge
psychologique) qui lui sont associés ont donné lieu à maintes
hypothèses au plan psychopathologique. L'importance des traits
anxio-dépressifs a même pû conduire à se demander laquelle de ces deux
disciplines, de la rhumatologie ou de la psychiatrie, était habilitée à
la prendre en charge.
Handicapante ? La problèmatique médicale est là, aucun marqueur de sévèrité, aucun marqueur d'atteinte.
Les
variantes d'atteintes de fibromyalgies sont trés larges, d'une
fibromyalgie peu sévère permettant de garder une vie presque "normale"
à la fibromyalgie sévère handicapante il y a un panache de variantes
trés difficilement classifiable. La subjectivité, l'interpretation des
ses symptômes, l'interprétation du médecin, la tolérance à la douleur,
les aléas des symptômes, les rémissions, les intensités, les
amplitudes, la gestion psychologique, la chronicité, les échecs
thérapeutiques, les échecs de dialogue, de comprehension, ainsi de
suite, amène une pathologie trés compexe pour le patient, et encore
plus complexe à transmettre.
Comme
c'est le cas dans toute autre pathologie chronique, ces éléments
d'anxiété et de dépression ne permettent pas, cependant, de préjuger
d'une personnalité morbide pré-existante ; ils semblent bien être la
conséquence de la chronicité de la douleur.
Ce syndrome, comme c'était le cas pour la sclérose en plaque il y a 20 ans, reste
mal perçu et peu reconnu. Il pousse les personnes malades à
l'isolement, voire à la dépression et/ou à la culpabilité de souffrir
et de devenir handicapé par cet état douloureux et épuisant.
Le quotidien d'un fibromyalgique peut être aisément comparable à celui d'une personne atteinte de Polyarthrite Rhumatoïde.
Notes
- ? Graham W. The fibrosits syndrome. Bull Rheum Dis. 1953;3:33-4
- ? Wolfe F, Smythe HA, Yunus MB, Bennett RM, Bombardier C, Goldenberg DL, et al. The American College of Rheumatology 1990 criteria for the classification of fibromyalgia. Report of the multicenter criteria committee. Arthritis Rheum. 1990;33:160-72
- ? Wolfe F, Ross K, Anderson J, Russell IJ, Hebert L. The prevalence and characteristics of fibromyalgia in the general population. Arthritis Rheum. 1995;38:19-28
- ? Ministère de la santé et des solidarités publiée dans le JO Sénat du 03/05/2007 - page 915
- ? données du service Algologie/Clinique Catherine de Sienne/Nantes
- ? Abeles AM, Pillinger MH, Solitar BM, Abeles M, The pathophysiology of fibromyalgia, Ann Int Med, 2007;146;726-734
- ? http://www.senat.fr/basile/rechercheQuestion.do?unk=fibromyalgie&radio=dp&dp=3+ans&de=&au=&rch=qs&ok.x=0&ok.y=0
- ? association Fibromyalgie France
- ? La fibromyalgie enfin reconnue, LE MONDE 24.04.07
Bibliographie
• Prof.
Pascal Cathébras: "Troubles fonctionnels et somatisations. Comment
aborder les symptômes médicalement inexpliqués.", Masson, 2006, ISBN 2294016521
Liens Externes
• Infomyalgies : http://www.infomyalgies.com
• Le Dossier de Doctissimo
• Fibromyalgie France : http://associationfibromyalgie.wordpress.com
• Groupe de Discussion